Formation Professionnelle

Publié le par E.M.

La formation professionnelle doit-elle se borner à former des travailleurs ? L’épanouissement d’un individu passe-t-il exclusivement par le travail ? A ces questions importantes, nombreux sont ceux, même de sensibilité de gauche qui, sans véritablement s’en rendre compte et de manière indirecte, répondent OUI !

L’ambition de l’Etat et donc du peuple, grâce à son Education Nationale, devrait être de former non seulement des travailleurs, mais aussi et surtout des citoyens. Bien sûr, nous savons tous qu’il est essentiel pour tout individu de trouver sa place dans le monde du travail. Mais nous savons également qu’il est nécessaire, pour l’épanouissement de l’individu, qu’une vie ne se résume pas à une vie de travail ! Sauf, peut-être, si nous considérons que nos sociétés du 19ème siècle étaient épanouissantes pour l’Homme…

Ceux qui font la promotion de la formation par apprentissage, qu’elle soit étiquetée privée ou publique, doivent avoir pleinement conscience qu’ils choisissent pour leurs enfants, ou plutôt pour ceux des autres, une formation dont le maître d’œuvre est l’entreprise. Je n’ai pas d’apriori négatif particulier pour le monde de l’entreprise, bien au contraire, mais sa caractéristique principale est quand même de gagner de l’argent et le plus rapidement possible, parfois au détriment de l’intérêt général… Si on rajoute à cela qu’une formation par apprentissage contient jusqu’à trois fois moins de temps consacré à l’enseignement général, on peut alors affirmer sans détour, que cette formation prépare un individu, au mieux à devenir un «gentil» travailleur, et seulement si l’employeur joue vraiment le jeu, au pire, à s’installer dans une voie de garage... Pour le reste, c’est à dire comprendre au mieux le monde qui l’entoure, participer à la vie locale, choisir la manière d’élever ses enfants, faire des choix politiques, être capable de s'adapter au mieux au monde du travail qui évolue très rapidement, etc. c’est à dire pour développer son potentiel «citoyen», l’individu devra faire preuve de curiosité et de courage pour vaincre les difficultés dues au manque de formation générale… Vous savez, cette formation qui a contribué à développer notre esprit critique, d’analyse et de synthèse, ou nos talents créatifs, cet esprit qui nous permet d’avoir l’envie et les moyens de nous comporter en citoyen averti !

L’échec du système éducatif français, qui est surtout celui du collège unique, est un allié considérable de la formation par apprentissage. Oui, les enfants en grande difficulté scolaire ou leurs parents, mais aussi les politiques qui veulent évidemment trouver des réponses rapides au questionnement des citoyens, pensent que si l’école ne semble pas faite pour certains, alors l’entreprise pourrait prendre le relai ! Il y a même eu des projets de loi pour permettre à un gamin de 14 ans d’aller travailler dans une entreprise… Un peu jeune peut-être pour avoir un contrat de travail, non ? Les familles qui sont également en difficulté financière, peuvent parfois faire des choix bien éloignés de ce qu’elles aimeraient...  Un apprenti est «rémunéré» ! Bien sûr, il est normal de vouloir proposer à un jeune qui est dans le désarroi un autre type de formation que celui qu’il ne supporte pas. Mais il faudrait aussi et surtout, avoir l’ambition de réformer notre système éducatif pour que le plus grand nombre puisse profiter d’une réelle formation épanouissante. Il fut une époque ou un jeune, après la cinquième de collège, pouvait faire le choix d’aller apprendre un métier, tout en continuant une formation générale de qualité (CAP en 3 ans) dans un lycée professionnel… Il pouvait également, sans apprendre un métier et tout en continuant le cursus du collège, découvrir le monde professionnel dans des classes de quatrième et troisième «techno» dans les lycées professionnels… Mais tout cela devait coûter certainement beaucoup trop cher à l’Etat… Il y a eu des réformes, mais pas dans le bon sens… Des économies à court terme qui au final n’en seront pas, bien au contraire…

Quand un pouvoir de droite fait le choix de la promotion de la formation par apprentissage, cela n’a rien d’étonnant. Il s’agit de lutte des classes, le peuple doit travailler pour le pays mais aussi pour des intérêts privés, pendant que ceux qui ont le pouvoir profitent… Le 19ème siècle était pour ceux-là, la belle époque ! Pour aider l’opinion à accepter  la chose, on graisse les pattes... Lorsqu’un établissement scolaire accepte des formations par apprentissage, alors les personnels de direction, les chefs de travaux, les enseignants qui interviennent uniquement en heures supplémentaires, touchent des revenus supplémentaires... Oui, ça aide, même si ces gens-là le nient... Mais lorsque des gens qui se réclament de gauche ne luttent pas contre son développement, mais au contraire y contribuent, alors l’inquiétude sur l’avenir de notre société me gagne... Je pense notamment aux Présidents des Régions qui, certes, sont obligés d’utiliser ce levier pour compenser les manquements de l’Etat en matière de formation, mais qui souvent, en font quand même beaucoup trop... Peut-être faudrait-il que ces gens de gauche revoient leurs fondamentaux !??! Voltaire écrivait : «Il est à propos que le peuple soit guidé et non instruit. Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu.». Quel est l’objectif «des pouvoirs» ? Il est vrai qu’il est de bon ton de s’émouvoir de la suppression de l’histoire en terminale scientifique… On s’agite... Pour le «fun» ? Peut-être parce que nos enfants seront concernés ? Non, être réellement de gauche demande un peu plus de… profondeur dans les idées...

L’heure est grave ! Sarkozy essaie, à coup de millions d’euros (encore 500 M€ dans le grand emprunt) et de lois (loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie), de permettre à la formation par apprentissage de se développer et de «tuer» la formation professionnelle initiale. Il aimerait certainement revenir à ce que la formation professionnelle était avant De Gaulle, c’est à dire une formation laissée aux mains des patrons. Nos enfants ont besoin de nous ! Il serait bien que partout, dans les lycées, les collèges, les Conseil Régionaux, les réunions politiques, à l’Assemblée Nationale, mais aussi dans les familles ou lors des réunions entre amis, vous puissiez lutter contre le développement de la formation par apprentissage qui a certes le droit d’exister, mais qui ne doit en aucune façon, se substituer à celle que l’Education Nationale dispense ! Il en va de la santé de notre démocratie ! Il en va de l’intérêt général ! Et oui, nous devons également réclamer une grande réforme de l’Ecole, de la maternelle jusqu’au lycée ! Mais réforme ne doit pas signifier régression !

Je profite de ce billet pour vous souhaiter une Bonne Année 2010... Même si je sais qu'elle sera, pour beaucoup d'entre-nous, très difficile à vivre... Economiquement parlant je veux dire... Mais gardons espoir !

Publié dans Politique

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youyou29 21/02/2010 11:09


Très interessant ton article. La formation professionnel parlons-en ! Dans mon cas une fois une
journée en 13 ans !!! pas mal .. Mon fils lui s'est vu refuser sa demande ( passer un TOEIC en anglais) il travaille en 2/8. Mais il n'a pas renoncé, le matin il se lève à 3 h du matin  + une
heure de trajet, prise de son poste à  4 h 30 du matin, en ressort à 12 h 30, mange vite fait et file à la fac de Quimper où il s'est inscrit en septembre. Il ne peux y aller que semaine sur
2. Le Dimanche tous les 15 jours, cours avec un anglais qui vit en france ... il n'arrête pas car il aime l'anglais et a une idée derrière la tête .... il veut s'en sortir car sa boîte ne lui
propose rien qui puisse l'interesser et l'enrichir intellectuellement, financièrement on n'en parle même pas !! En tout cas je t'invite à venir sur mon blog, j'ai un article sur le "Burn-out" tout
à fait d'actualité en ce moment. Bizzzzzzzzzz de la petite youyou29


baillet gilles 10/01/2010 13:33


Rebonjour,
si je vous agace: c'est heureux... Mais prenez garde que la réalité ne vous rattrape pas dans votre propre lycée...Lorsque vous avez torpillé le mouvement contre le bac pro 3 ans en
novembre-décembre 2007, vous avez avec l'UNSA et le SGEN ouvert la porte à Darcos et tressé la corde de pendu pour l'enseignement pro d'où la démobilisation qui est bien réelle dans les lycées - et
pas seulement chez certains collègues de la CGT: c'est général! Comprenez l'amertume que l'on peut ressentir syndiqué ou pas d'ailleurs. Alors avant que je mette fin à notre débat comprenez ceci:
la meilleure des stratégie pour vaincre ce gouvernement ce n'est certainement pas d'aller sur son terrain ou de donner à croire que les artifices qu'il a lancés - qu'ils s'appellent "rénovation
pédagogique" ou autre...- représentent des aspects positifs.Darcos et les autres se moquent bien de revaloriser les métiers manuels, de former des travailleurs capables de se défendre dans le
monde du travail: ils veulent de la main-d'oeuvre taillable et corvéable à merci abrutie par la télé. Un point c'est tout... Il faut au contraire contester en profondeur ses "réformes" et remettre
sur la table l'existance du bac pro 3 ans... Si cela n'est pas fait, le pouvoir aura définitivement gagné. J'en ai assez du syndicalisme de défaite sociale avec son terrible cortège de
renoncements, de petits calculs d'appareil et de clientèlisme que l'on appelle pudiquement "services aux enseigants".Je vous concède que le SNETAA n'a pas le monopole de ce genre de pratiques. Mais
de toute façon, le gouvernement va casser le "paritarisme" et le roi sera nu. Vous devrez changer votre pratique syndicale et revenir peut-être vers plus de revendications que de négociations
pipées. J'arrête là votre agacement...
Cordialement


E.M. 10/01/2010 14:50


Gilles,

Je note que tu aimes m’agacer… ;-)
Tu continues à parler du passé… Je te répète que nos collègues , dans une grande majorité, ont compris ce que nous avons tenté de faire… Nous avons gagné les élections en suivant et j’ai bon espoir
que nous gagnons celles qui arrivent… Il n’y a pas d’amertume particulière de la part des collègues ! Ils savent que nous travaillons pour l’intérêt général et qu’il est acceptable que nous nous
trompions… Non, ce que nos collègues détestent, ce sont les oppositions systématiques ! Tu vois ce que je veux dire...
Quant aux méthodes que le SNETAA «pratique», elles ne sont pas «simplistes». Nous négocions, mais nous revendiquons également. Depuis la rentrée 2009, seul le SNETAA (FO à l’air de se réveiller ?)
en Aquitaine est passé plusieurs fois à l’action pour tenter d’aider des LP qui avaient besoin de soutien. Je pense donc que tes critiques sur nos pratiques sont infondées ! Au SNETAA de 
Bordeaux, nous sommes intègres, revendicatifs et non calculateurs ! Mais nous ne nous laissons pas «salir» ! Demande plutôt à tes camarades pourquoi ils acceptent de continuer à siéger dans des
CAPA alors que leur travail est devenu (presque) inutile…
Gilles, peut-être devrais-tu te rapprocher du SNETAA et nous aider à lutter pour l’intérêt général… Cela serait certainement plus productif que tout ce que tu as tenté (ou pas) de faire depuis que
tu as un engagement citoyen ! ;-)

Gilles, demande à Polo un bulletin d'adhésion, pour l'intérêt général ! ;-)


baillet gilles 10/01/2010 09:48


Bonjour,
c'était bien de rêver parce que la"rénovation pédagogique" promise pouvait effectivement paraître dans certains aspects, idéale. Mais elle comptenait son contraire: le bac pro 3 ans qui en
constituait le fond. Il ne fallait pas être grand clerc pour prédire ce qui commence à se passer aujourd'hui... Je le redis ce sont les élèves les plus fragiles qui vont trinquer. Ils se
dirigeront vers des CAP voie de garage et vidés de toute valeur sur le marché du travail ou vers une certification niveau 5 ou et c'est le plus vraisemblable, vers l'apprentissage, jugé plus
efficace pour obtenir un emploi par les familles.Ca c'est la réalité qui commence aujourd'hui et s'aggravera demain. De plus en plus de collègues pas toujours syndiqués, en ont conscience...Alors
face à ce délitement programmé de l'enseignement pro, que faire? Il faut arrêter de considérer les dirigeants actuels comme ceux d'hier parce que pour eux le paritarisme n'est qu'un moyen de faire
passer leurs mesures d'économie: ils jouent sur les divisions syndicales et les intérêts des appareils syndicaux. Donc, il faut choisir une stratégie d'explication et de mobilisation de tout
l'enseignement pro pour sa survie! L'objectif est de multiplier les résistances locales et d'étendre durablement un mouvement de grève national pour la suppression des bacs pro 3 ans et la prise en
compte réelle des vrais rythmes scolaires de nos élèves. Voilà une esquisse du syndicalisme de mouvement. Mais arrêtez d'être les messagers inconscients de ce gouvernement de misère sociale. Sortez
de vos appareils qui ne veulent plus rien dire! 
Cordialement


E.M. 10/01/2010 11:18


Gilles,

Nous ne sommes pas les naïfs que tu crois… La seule différence entre toi et moi, c’est que je refuse de rester sans rien proposer de constructif. Nous faisons le choix d’essayer d’obtenir par la
négociation, des avancées pour nos élèves et collègues. Si tu souhaites réellement qu’un front se mette en place pour lutter contre le pouvoir en place, alors commence par écouter ce que les autres
ont à dire. Le SNETAA de Bordeaux a fait son mea culpa. Et je peux t’assurer que cela n’est pas facile. Peu sont capables de reconnaître leurs erreurs… Nous reconnaissons ouvertement que cette
rénovation est pipée ! Il n’y a aucune amélioration pour les élèves et des difficultés supplémentaires pour nos collègues ont vu le jour… Nous sommes d’accord pour établir un rapport de force avec
l’administration pour tenter de refuser cette politique d’économie à court terme. Mais si tu commences à dire qu’il faut réclamer une suppression du Bac Pro 3 ans, le combat commence mal… Là, pour
le coup, c’est plutôt toi qui semble être le «naïf» ! Il faut avoir des exigences beaucoup plus réalistes. Commençons par exiger une réforme cohérente de l’orientation pour éviter d’envoyer des
gamins au casse-pipe en seconde «générale», ainsi qu’un rééquilibrage entre les CAP et les BAC Pro. Enfin, il faudrait que nous soyons capable de nous assoir autour d’une table pour essayer de
mettre en place une stratégie commune… Avec des revendications communes… Mais c’est comme avec les partis politiques de gauche, personne n’est capable de faire les concessions nécessaires pour
trouver une base commune de revendications qui nous permettrait de faire front contre ce pouvoir. Un exemple, lorsqu’il y a eu des appels à la grève des autres syndicats, nous sommes nombreux à
avoir suivi, même si le SNETAA National n’appelait pas à la grève car ce genre de protestations ne sert plus à rien… Lorsque le SNETAA Bordeaux a fait des actions pour lutter contre les cartes de
formations injustes, seuls quelques collègues SE-UNSA ont suivi… Et pourtant, il y avait de quoi faire… Mais comme d’habitude, certains sont très calculateurs et ont préféré que le mouvement soit
un échec… Syndicalisme de mouvement ?

Sur le fond, je suis certain que nous sommes en fait d’accord sur presque tout. Alors cesse de critiquer le SNETAA et de pinailler sur ce qui s’est passé il y a deux ans… J’ai un copain adhérent à
la CGT qui me répète à chaque fois que je lui propose une action : «Non, moi j’ai fait grève il y a deux ans contre le bac pro 3 ans»… Je l’aime bien ce copain, mais crois-tu qu’il est possible
d’envisager sereinement l’avenir avec ce genre de comportement ? Syndicalisme de mouvement ?

Je pourrais ici te rappeler tout ce que le SNETAA a fait pour nos collègues et élèves… Pour l’enseignement pro... Mais cela serait trop long ! Et puis, la plupart des collègues s’en souvient et
c’est bien là l’essentiel ! Alors quand tu écris : « Mais arrêtez d'être les messagers inconscients de ce gouvernement de misère sociale. Sortez de vos appareils qui ne veulent plus rien dire ! »,
alors oui, tu m’agaces !


bailletgilles 09/01/2010 17:32



Coucou,
il fait froid alors j'ai plus de temps pour vous répondre... Vous avez un discours systèmique et parfois menaçant... C'est marrant les menaces. J'ai l'impression que quand vous vous sentez un peu
en difficulté, vous aggressez l'autre: au moins ça permet de ne pas répondre sur le fond. Sortez de votre rhétorique. Arrêtez de voir l'autre, sous prétexte qu'il ne pense pas comme vous, comme
un monstre éduqué dans des "stages commando de la CGT éduc Aquitaine"... Surtout ne vous comportez pas comme celui qui détient la
vérité: ça fait un peu gourou comme attitude... Je suis venu sur votre site pour débattre avec vous et non pour me faire rééduquer par un commissaire politique. Acceptez les escarmouche, même sur
votre terrain, car c'est le but du jeu qu'est Internet...
Alors je revins au sujet: le bac pro 3 ans est une raffale de mitraillette tirée dans le bas ventre de l'enseignement professionel par le ministre Darcos avec le coucours de la direction
nationale du SNETAA et de quelques autres. Les jeunes qui ne seront pas capables de suivre un bac pro nouvelle formule seront de plus en plus tentés de suivre des formations en apprentissage
plutôt que d'obtenir des diplômes sans valeur sur le marcher du travail. En fait, Xav  nous a organisé  l'hémorragie des filières pros en direction de l'apprentissage patronal ou
"public".Je profite de ce blog pour lancer un appel à tous les militants du SNETAA qui ont conscience que ce que je dis correspond bien à une réalité, de rompre les rangs et de revenir à un
syndicalisme de mouvement seul moyen de sortir de la crise l'enseignement professionnel.
Trés cordialement



E.M. 09/01/2010 18:24


Gilles,

C’est marrant, mais à chaque fois que tu me reproches quelque chose, j’ai l’impression que je peux en faire autant à ton égard… Prends le temps de relire tes commentaires, et tu verras que dès le
début tu assènes des «attaques» qu’il est difficile de laisser sans réponses… Tu affirmes des vérités qui ne sont que les tiennes… Tu méprises des comportements courageux sans en connaître tous les
tenants et les aboutissants… Tu accuses le SNETAA de malhonnêteté… Si tu veux je peux t’aider à retrouver toutes ces «attaques» gratuites en les surlignant… Et effectivement, depuis tout petit,
j’ai tendance à rendre coup pour coup. Et souvent ceux qui «agressent» ont du mal à accepter que leur «victimes» leur répondent sur le même ton ! Ils se mettent à crier au scandale…
Il m’arrive d’être en difficultés sur pas mal de sujets, mais en général, je préfère m’écraser, voire m’excuser, plutôt que de continuer dans l’erreur ou de devenir agressif.
Je te confirme donc que si tu te sens agressé, tu ne dois t’en prendre qu’à toi même. Je ne me sens absolument pas en difficulté sur ce sujet précis, bien au contraire.
Bon, alors même si je vais me répéter encore et encore, je vais prendre deux minutes pour tenter de t’expliquer quelle était la finalité de cette réforme :
Un constat d’avant la rénovation : beaucoup d’élèves en difficulté en BEP (de 10 à 50 % suivant les spécialités et les lieux géographiques) ne sont pas considérés par le système. Au mieux, ces
élèves sortent avec un diplôme «donné» (merci CCF) qui ne leur permet pas de trouver leur place dans le monde du travail, au pire, ils mettent une grande partie de la classe en échec.. Ce qui
provoque une déconsidération de l’EP de manière générale. Le problème est que le BEP est déjà une formation trop ambitieuse pour ces élèves là… Ils arrivent en LP avec des difficultés qu’il est
quasi impossible de surmonter en BEP… Comment un enseignant peut-il accepter d’avoir en BEP des élèves qui ne savent pratiquement pas lire ou écrire ? Comment les enseignants peuvent-ils se
résigner à accepter qu’un élève reste dans une formation, sans rien apprendre, simplement parce qu’il ne sait pas ou aller et/ou qu’on ne lui propose rien d’autre ? Etc.
L’objectif de la réforme : proposer à tous les élèves, une formation adaptée à leur niveau et à leur motivation. Permettre au plus grand nombre d’avoir le droit de tenter d’obtenir un Bac pro (en 3
ans, 4 ans 5 ans…). Permettre à ceux qui sont en très grande difficulté en troisième, de commencer à reprendre goût aux études et au travail, en préparant un CAP ! Le CAP étant un diplôme
professionnel qui doit permettre une insertion dans le monde du travail ou une poursuite d’étude en Bac pro… Il suffit pour cela de le considérer comme il se doit… C’est à dire comme un vrai
diplôme ! Et pas comme un diplôme réservé à ceux qui ne peuvent rien faire d’autre ! Beaucoup de nos concitoyens ont trouvé leur place dans notre société en démarrant avec un CAP ! Aujourd'hui,
nombreux sont ceux qui ne la trouve pas avec un Bac +5 !
Gilles, je t’invite à relire le protocole d’accord, ainsi que le Bulletin officiel spécial n° 2 du 19 février 2009 pour mesurer l’ambition de la rénovation…
Mais effectivement, le pouvoir fait tout pour que cette rénovation soit un échec !
Et pour finir, je rajoute, même si je l’ai déjà écrit dans ce billet (Formation Professionnelle), qu’il est nécessaire que nous réformions le système de la maternelle jusqu’au lycée. Sans cela,
toute réforme d’une  seule partie, sera un échec plus ou moins important.

Et sinon, c’est quoi «ton» syndicalisme de mouvement ?


baillet gilles 09/01/2010 14:58



Bonjour,
arrête ton char avec les conservateurs de gauche qui seraient les mêmes que les conservateurs de droite (c'est un pléonasme): je connais bien cette  rhétorique usée jusqu'à la
corde par une certaine gauche que j'ai bien connue pendant 10 ans au PS. Alors BASTA et abordons le fond.
Sous couvert de "rénovation de la voie professionnelle", Darcos voulait enrober le bac pro 3 ans qui n'a rien de pédagogique, mais tout d'une mesure d'économie, c'est à dire d'une suppression
massive de postes d'enseignants. Alors que le SNETAA et d'autres syndicats aient voulu jouer les "réformateurs" en croyant les bobards du sinistre Darcos: cela pose problème. Comment cet appareil
syndical rompu à toutes les manœuvres ministérielles a pu se laisser prendre? La réponse est simple: il a voulu conserver ses "entrées rectorales ou ministérielles" appelées pompeusement,
paritarisme. Alors, tout cela valait bien une signature sur le protocole de mise en application du bac pro 3 ans, proposé par un ministre qui devait être viré et sa "réforme" enterrée, après les
municipale de mars 2008 puisqu'on annonçait sa défaite dans sa bonne ville de Périgueux. Ce genre d'argumentaire, c'est un militant du SNETAA qui me l'a servi!!! Seulement Xave est resté ainsi
que "sa réforme" et au grand bal des cocus, le SNETAA a perdu tout comme la totalité de l'enseignement professionnel d'ailleurs qui est en train de mourir!!! Oui le bac pro 3 ans est pire que
l'apprentissage parce qu'il est un acide qui accélère la décomposition de notre enseignement professionnel et favorisera l'apprentissage au final! Le bac pro 3 ans est une aberration pédagogique
qui ne correspond pas au rythme de la très grande majorité des élèves de LP. La suppression du BEP en 2 ans va laisser sur le carreau des élèves qui ne supportent pas des cycles longs et veulent
aller travailler. Ces derniers vont être contraints d'aller dans des CAP de faible niveau ou devront se contenter de certification niveau 5 sans aucune valeur sur le marché du travail!!!
La vraie réforme qu'il aurait fallu faire aurait du prendre en compte les rythmes scolaires de nos élèves qui sont ceux d'élèves de CM2 à l'exception des meilleurs!!! Donc il faut repenser
l'organisation de la journée: les enseignements théoriques le matin et la pratique l'après midi! Faire un peu de français et de mathématique chaque jour etc. D'autre part, multiplier les classes
relai pour les élèves qui ont des problèmes de sociabilité est une nécessité coûteuse, certes mais bon...
Pour finir, si vous n'aimez pas "la CGT qui ne propose rien", c'est votre problème. Si vous pensez que les manœuvres  politiques font avancer les
choses, c'est votre problème. Je pense que le salut de l'enseignement professionnel passera par la mobilisation de ses serviteurs dans un mouvement revendicatif qui ait une portée générale
et non corporatiste!!!
Cordialement



E.M. 09/01/2010 15:37


Gilles,

Que j’arrête mon char ? Permets-moi de te retourner le compliment ! Le discours que tu nous sers ici, je l’entends presque tous les jours dans mon bahut… par des cadres de la CGT EDuc Aquitaine !
Et ce discours, une grande majorité de collègues ne le supporte plus ! Vous devez certainement suivre des stages «commandos» à la CGT pour apprendre à  servir les mêmes «salades» périmées ! Tu
sembles n’avoir absolument rien compris à l’objectif de la rénovation de la voie professionnelle ! Mais cela me fatigue un peu de devoir tout le temps essayer d’expliquer à ceux qui ne veulent pas
comprendre pourquoi cette réforme aurait dû améliorer les conditions de travail des collègues et la réussite des élèves ! Tu méprises le CAP, c’est ton problème, mais je considère que tu fais là
une grave erreur !
Quant aux manœuvres politiques, nous savons tous que lorsqu’un membre de la CGT en parle pour accuser un autre syndicat, il s’agit alors de «l'hôpital qui se fout de la charité». La CGT qui mélange
quotidiennement, combat politique et combat syndical ! Mais comment pourrait-il en être autrement quand on sait que l’extrême gauche essaie de noyauter ce syndicat !??! Allez Gilles, tu te trompes
de tribune, ici, sur ce billet, j’ai juste essayé d’alerter sur les problèmes qu’engendrent la formation par apprentissage… Tu ne sembles pas les considérer à leur juste valeur… C’est embêtant…
Mais je ne suis finalement pas très étonné par ta réaction…
Et sinon, tu as es idées pour l’avenir ? Des propositions de combats que nous pourrions mener ensemble et pour l’intérêt général ? Peut-être des propositions de réformes ? Ne me dis pas que ton
«programme» se résume à considérer que nos élèves ont des cerveaux de gamins de CM2, si ?
Gilles, essaie de penser plus «global» ! J’espère que tu ne crois pas qu’une réforme de l’EP peut à elle seule résoudre «nos» problèmes, si ?

Gilles, je n’aime pas trop le ton que tu m’obliges à utiliser pour te répondre… Tu ferais bien d’intervenir de manière un peu plus «modérée» la prochaine fois… Cela ne sert à rien de s’agresser
mutuellement…   réfléchis-y sérieusement par ce que j’ai encore plein de truc à te servir si tu insistes dans ta façon de faire…