J’ai enfin trouvé un peu de temps et de courage pour écrire un petit billet sur mon blog ! Je me demande si je n’ai pas pris un peu trop de responsabilités
syndicales et politiques… Il va falloir que je monte en «puissance», sinon, je ne vais pas pouvoir continuer ainsi. Bon, j’ai envie de donner mon opinion sur la polémique suscitée par le «contre»
discours de Ségolène Royal à Dakar. Cette polémique semble même être alimentée par certains camarades du PS ! Je me demande s’il ne suffirait pas de rappeler exactement les contenus des deux
discours, celui de Sarkozy et celui de Royal, pour l’éteindre…
Le 26 juillet 2007, notre chanoine national, dans la capitale Sénégalaise, a tenu, entre autres, les propos suivants :
«Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne, mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.
Le problème de l'Afrique, et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.
Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé. »
Le 6 avril 2009, soit près de deux ans plus tard, Ségolène Royal de passage à Dakar, a tenu à exprimer son désaccord avec les propos de Sarkozy : «quelqu'un est
venu ici vous dire que «l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire». Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées et qui n'engagent pas la France. Car
vous aussi, vous avez fait l'histoire, vous l'avez faite bien avant la colonisation, vous l'avez faite pendant, et vous la faites depuis. (...) Il faut en finir avec cette idée fausse selon
laquelle la démocratie et les droits fondamentaux n'auraient qu'un seul berceau, l'Occident.»
Jusque-là, je ne vois pas en quoi cette «réponse» de ma camarade Ségolène est critiquable !??! Elle ne parle pas au nom de la France, elle exprime seulement son opinion et dit tout simplement que ce n’est pas parce que le chef d’Etat français a exprimé des propos infamants envers un peuple, qu’il faut considérer que cela engage le peuple Français.
Sur le thème de la colonisation et de la repentance, Sarkozy avait été moins mauvais, si j’ose dire… En tout cas, il n’avait pas trop mal commencé pour finalement
en dire un peu trop… Il avait dit : «Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes. (...) Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés
et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, ce fut un crime contre l'humanité tout entière. (…) Le
colonisateur a pris, mais je veux dire avec respect qu'il a aussi donné. (...) Il y avait parmi les colons des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient
sincères.». Mais les propos de Ségolène Royal en réponse sont d’un tel niveau, qu’ils ramènent ceux de Nicolas Sarkozy au rang de la médiocrité. Jugez par vous même : «Qu'il y ait eu à
cette époque des hommes et des femmes sincères de bonne volonté, cela est sûr. Mais on n'a rien dit quand on n'a dit que cela. Le problème est que la colonisation fut un système. Ce système doit
être condamné pour ce qu'il fut : une entreprise systématique d'assujettissement et de spoliation. (...) Les colonisés n'avaient pas le choix. Le travail forcé et le Code de l'indigénat étaient
la règle. (...). Je veux rendre honneur à ceux qui, dans toute l'Afrique, se sont battus et sont morts dans un combat qui était le combat des Africains, oui, et de toute l'humanité. Et je suis
fière qu'il y ait eu en France des consciences pour s'insurger et des militants pour se porter aux côtés de ceux qui luttaient pour leur indépendance. Ceux-là défendaient nos valeurs quand la
colonisation en était la négation. (...) Le devoir de mémoire n'a pas besoin de permission. Chacun s'en acquitte avec la subjectivité et l'héritage qui est le sien. Ce dont, en revanche, nous
sommes collectivement comptables et responsables, c'est du droit à l'histoire et du devoir de vérité. (...) C'est ce qui permet de regarder les faits en face et de partager un récit qui ne soit
pas ressassement du passé, mais moyen de le dépasser sans amnésie et de se projeter ensemble dans l'avenir.». Alors ?
Vous savez peut-être qu’au PS, nous avons enfin décidé de faire des efforts pour que nos «divergences» soient traitées en «famille» et non plus sur la place
publique. Oui, certains ayant plus d’égo que d’autres, ne l’ont toujours pas compris, mais ça va venir. Vous savez aussi, si vous m’avez déjà lu ou si vous me connaissez, que je n’ai jamais été
un fan, c’est le moins que je puisse dire, de Ségolène Royal. Mais là, dans cette histoire des «discours de Dakar», je n’ai vraiment aucun effort à faire pour applaudir ma camarade des deux mains
! Merci à elle d’avoir souligné, une nouvelle fois, que Nicolas Sarkozy n’a absolument pas le niveau d’un chef d’Etat ! Mais le peuple Français n’a peut-être que ce qu’il mérite ! Tant pis pour
lui, tant pis pour nous…
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