Quand le MEN renie sa signature...

Publié le par E.M.



Il y a un peu plus d’un an, le SNETAA avait accepté de rentrer dans un protocole de discussions en vue de rénover la voie professionnelle. Cela avait permis la reprise du travail pour que nos élèves ne soient pas pénalisés en vue de leurs examens mais également d’éviter la généralisation du BacPro 3 ans sans contrepartie. Après presque 4 mois de discussions, un accord cadre avait été signé par le MEN et quelques syndicats, dont le syndicat majoritaire de l’enseignement professionnel, le SNETAA. Cet accord prévoyait essentiellement que lorsqu’un Bac Pro 3 ans serait créé dans un bassin de formation, en parallèle, dans la même filière, un CAP le serait également pour permettre aux élèves en difficultés scolaires de pouvoir suivre une formation adaptée à leur niveau et ainsi obtenir un diplôme professionnel. Pour certains élèves, ce passage par un CAP pouvait également être un tremplin vers un Bac Pro 3 ans. Dans cet accord, il était également prévu que des groupes de travail au niveau national, mais aussi au niveau académique, se mettraient en place pour, entre autres, que la carte des formations permette dès la rentrée 2009, de rendre effective cette rénovation. Bien sûr, certains ont dès le départ considéré que dans le contexte actuel, où l’Etat a une gestion simplement comptable de l’Education Nationale, il était stupide de penser que cette rénovation puisse se mettre en place. Le SNETAA a assumé ses responsabilités jusqu’au bout. Il a eu une attitude volontariste pour que cette ambitieuse rénovation respecte l’accord cadre qui avait été signé. Mais il a fallu régulièrement rappeler à certaines équipes rectorales leur devoir. Dans l’Académie de Bordeaux, la qualité des échanges lors des réunions de travail laissait envisager que l’enseignement professionnel en sortirait gagnant.


Nous savons maintenant qu’il n’en est rien. Les moyens mis au service de l’enseignement professionnel par l’Etat ne sont pas à la hauteur de l’ambition affichée. Pire, le MEN n’a pas respecté son engagement signé. Dès la rentrée 2009, beaucoup d’élèves qui voudront suivre une formation professionnelle n’auront pas d’autre choix que celui d’une formation en 3 ans. En Gironde, par exemple, cela sera le cas dans la filière “Génie Mécanique” sur Libourne et sur Saint-André de Cubzac, ou dans celle du “Génie Electrique” sur Arcachon, Blaye, Langon et Libourne ! Cette formation s’appellera donc “Bac Pro 3 ans”, mais dans les faits, comme elle accueillera tous les élèves quel que soit leur niveau, il ne pourra s’agir au mieux que d’un BEP... Ces classes seront encore plus hétérogènes qu’actuellement et les enseignants se verront confrontés à des difficultés croissantes pour les gérer. En résumé, cette rénovation qui devait permettre aux élèves d’être mieux formés n’aura pas lieu, et c’est au contraire une casse de l’enseignement professionnel qui va être mise en place : davantage d’élèves sortiront sans diplôme et ceux qui auront leur examen, en auront un au rabais. L’obtention d’un BTS en 5 ans en passant par le lycée professionnel n’est que pure fumisterie, à moins qu’il ne soit également prévu une dévalorisation de ce diplôme. Quant aux passerelles entre les différentes voies, professionnelle, technologique et générale, faut-il attendre la rentrée 2009 pour les apercevoir ?


En conclusion, nous pouvons dire que le MEN, par sa mauvaise gestion de cette problématique, encourage ceux qui pensent qu’il faut toujours s’opposer sans jamais proposer. Il ne pourra pas être reproché au SNETAA d’avoir refusé le dialogue, mais il doit maintenant tenir compte du non respect, par le MEN, de l’accord cadre signé le 23 mai 2008. Le MEN va donc devoir porter tout seul la responsabilité des évènements qui pourraient se produire très rapidement. Il est probable que des enseignants de lycées professionnels n’acceptent pas cette destruction. Beaucoup de jeunes également peuvent prendre rapidement conscience que leur avenir est en train de s’assombrir. De là à penser que ce pouvoir aime la pagaille... 


Publié dans Syndicalisme

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