Les “chiens”

Publié le par E.M.


 

Non contents de vouloir sans cesse nous faire travailler plus pour gagner autant… voire beaucoup moins, avec le passage à 40 ans de cotisations en 2003, puis maintenant à 41 ans (et c’est pour cette raison que nous manifestions ce jeudi 22 mai), Laurence Parisot, du Médef, « prône un allongement progressif de la durée de cotisation et un report de l’âge légal de départ à la retraite à 63,5 ans » (Voir L’express du 20 mai 2008). Tout cela dans l’intérêt de tous et des besoins de financement de 10,3 milliards d’euros du régime général d’Assurance Vieillesse en 2015 et de 15,7 milliards en 2020 !  

En résumé, un bon travailleur est un travailleur extrêmement fatigué, afin de ne profiter qu’au strict minimum de sa retraite. On pourrait penser que nous exagérons. Mais à y regarder de près, pas tant que cela...

Nous vous avons souvent écrit, que l’on pouvait trouver d’autres financements au déficit du régime général d’A.V :  

- en 1996, l’évasion fiscale était estimée par le gouvernement français à 35 milliards d’euros. Le Canard Enchaîné de cette semaine l’estime aujourd’hui à 50 milliards d’euros. Ce ne sont pas les banques du Lichtenstein qui vont nous contredire…  

- en 2007, les bénéfices des 5 premières compagnies pétrolières avoisinaient les 50 à 60 milliards d’euros (la compagnie Total aurait ainsi réalisé un bénéfice de 12,2 milliards d’euros). 

- en 2005, le montant des stocks-options distribuées en France avoisinait 9 milliards d’euros, générant une perte de recettes de 3,2 milliards pour la Sécurité Sociale…  

- en 2008, la crise des « subprimes » a coûté 14 milliards d’euros aux quatre premières banques françaises… 

Mais nous nous égarons. La seule solution, on nous le dit et on nous le répète, c’est de travailler plus, de ne pas réfléchir, de renier nos acquis qui avaient fait de nous des « nantis »… afin que les bénéfices reviennent en exclusivité aux grands de ce monde… 

Ce sont vraiment des « chiens » ou des « loups » ! Ils ont leur os à ronger et ils ne nous lâcheront pas. A moins que … 

 

 

Christian Sauce

Membre du BN du SNETAA

Publié dans Syndicalisme

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F
Sans s’égarer on peut également citer les détournements des caisses de l’UNIMM ! Affaire soigneusement tenue à l’ écart du battage médiatique. Parler de chiens ou de loups bien sûr mais pourquoi pas de Dracula. Le seul objectif de ces tristes et cyniques personnages est de faire baisser le montant des retraites au point d’arriver au but ultime, le rêve absolu de Parisot, ne plus avoir à en payer. Il faut se rappeler que lorsque le chancelier Bismarck a mis en place la retraite il a demandé l’âge de vie des Allemand il était alors de 65 ans, c’est pour cette raison qu’il a fixé l’âge de la retraite à 65 ans. La régression mise en place par les néolibéraux nous impose un retour en arrière au bon vieux temps du capitalisme. Alain
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B
Mais qui est capable de rassembler assez de tenants du "à moins que"
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J
Comment persuader nos concitoyens que nous vivons dans une société des apparences car pour eux tout repose sur des annonces médiatiques fausses, tronquées, non analysées par des supports aux ordres. La retraite n'a jamais fait l'objet d'une présentation contradictoire avec des éléments concrets présentés par des experts indépendants. Nous ne sommes plus en effet dans une société de "l'éducation" mais dans un contexte de "l'exploitation". Elle nous conduit à la soumission globale par anesthésie de la raison. Mais n'en sommes nous pas responsables par le désintérêt que nous manifestons parfois à l'égard de la politique?
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