Intervention "Retraites" au CNE du SNETAA à Eymoutiers

Publié le par E.M.


Cha va tizottes ? Commint qu’cha va ? Hein !!

Bin, mi cha va pas fort !

A m’mott’ k’y sont tous queus sur leur tiête.

In’s croirot arvenus sous Louis XIII et les mousquetaires :

 

Sarko D’Artagnan y veut toudis s’batt’e, y court après Milady, pis après Mme Bonnassieu. Y n’arrête pas ! Y veut tout casser.

Atos Darcos, y décaroche. Y dit qu’moins y a d’profs pluss que les élèves y z’apprennent. Et qu’moins y vont à l’école, pluss y sont forts.

Aramis Fillon y va raconter qu’les fonctionnaires cha coûte trop querr et qu’les r’traités y servent à rien, mais y n’ose pas taper trop fort d’ssus pas’que chez gins y les aiment bien.

Et Portos Bertrand y dit qu’y a plus d’sous à leur donner, mais qu’y faut qu’y travaillent d’plus en plus vieux. P’têt’ bin qu’y s’dit que quand y seront morts, y coûteront moins ker ?

Bon j’va arrêter d’parler ch’ti.

 

On ment aux Français.

 

On vous ment pour vous convaincre qu’il n’y a pas d’autre solution que d’allonger la durée du travail et de retarder le départ en retraite, alors que le taux d’emploi des 55-64 ans est de 37,8 % en France contre 45 % en Europe et 70 % en Suède. Or la progression de la productivité et du PIB compense l’essentiel de l’augmentation des besoins liés à l’allongement de la vie et ce depuis des décennies. De plus, la France a un fort taux de natalité qui laisse présager une situation bien moins catastrophique qu’on le prétend. Enfin, il y a d’autres moyens de financement des retraites que les prélèvements sur les seuls salaires, par exemple la taxation des revenus des actionnaires ou de l’augmentation vertigineuse des profits des entreprises. Que de mensonges proférés pour vous culpabiliser et anéantir votre révolte !!

J’ai imaginé une interview d’un prof retraité par une charmante journaliste.

 

Interview de Monsieur Prof retraité

par Madame Média

 

Question : En 2003, on a affirmé que les Caisses de retraite des fonctionnaires d’Etat allaient être en faillite si on ne prolongeait pas la durée de cotisation. Est-ce exact ?

Réponse : MENSONGE ! D’abord, il n’y a jamais eu de caisse de retraite des fonctionnaires d’Etat ; elle ne risquait donc pas d’être un jour en faillite. Nos retraites sont un salaire différé. En clair, cela veut dire qu’en entrant dans la fonction publique, on signe un contrat avec notre employeur l’Etat : notre salaire sera minoré et la différence nous sera rendue à la fin de notre activité par notre retraite. Autrement dit, en prolongeant de 10 % du salaire qu’il s’était engagé à leur payer.

Question : Oui, mais il est juste que la durée de cotisation soit la même pour tous.

Réponse : MENSONGE ! Dans la fonction publique, les durées de cotisation sont les durées réelles de travail à temps complet. Dans le privé, les durées dépendent des sommes cotisées : un cadre qui aura travaillé 3 mois ou un ouvrier qui aura travaillé 6 mois pourra avoir 4 trimestres cotisés dans l’année. Une année à mi-temps compte pour 4 trimestres dans le privé et seulement pour deux dans le public. Un petit travail d’été rapporte parfois plusieurs trimestres cotisés.

Question : A propos d’été, à l’Education nationale, vous avez quand même de longues vacances payées par l’Etat.

Réponse : MENSONGE encore ! Les salaires des fonctionnaires correspondent à une grille indiciaire établie depuis plus d’un demi-siècle. La valeur du point d’indice détermine le salaire annuel et donc le salaire mensuel de chacun. Eh bien ! l’enseignant gagne mensuellement moins car on a partagé le salaire de 10 mois en douze mensualités pour le répartir sur l’année. C’est donc l’enseignant qui « économise » toute l’année pour se payer ses vacances.

Question : Les mères de famille fonctionnaires bénéficient quand même d’un an de cotisation supplémentaire par enfant. C’est un avantage important.

Réponse : MENSONGE et reniement ! Jusqu’en 2003, les femmes fonctionnaires bénéficiaient d’un an de bonification pour chaque enfant né ou adopté. Enfin, le croyaient-elles, car la réforme des retraites a annulé cette bonification lorsque la naissance était antérieure à l’entrée dans la fonction publique et ce avec effet rétroactif, c’est-à-dire en reniant là aussi la parole de l’Etat. Je rappelle que dans le régime général, la bonification était de 2 ans par enfant, mais bizarrement personne n’en parle. C’est ainsi que des mères de famille qui croyaient pouvoir toucher une retraite complète ont dû prolonger de plusieurs années leur activité pour ne pas subir une double amputation du montant de leur pension avec la décote.

Question : C’est quoi la décote ?

Réponse : C’est la mesure la plus perverse du système ! C’est la double peine ! En prolongeant la durée de cotisation, on ampute une première fois le montant de la pension (à moins de travailler plus longtemps) mais on l’ampute une deuxième fois par la décote, espèce de contravention pour ceux qui ne veulent (ou ne peuvent) retarder de plusieurs années leur départ en retraite. Mise en place en 2006 (pénalisation de 0,5 % par année manquante), elle croît rapidement pour atteindre dans quelques années 5 % par année manquante. Cela signifie qu’avec 20 trimestres manquants (c’est à peu près l’augmentation de durée envisagée à terme, Mme Parisot parle de 63,5 ans), la pension sera amputée de plus d’un tiers et passera à moins de 50 % du salaire.

Question : Là, c’est un gros avantage : 75 % du salaire contre 50 % dans le privé ?

Réponse : MENSONGE par omission cette fois ! On oublie que le privé a des retraites complémentaires qui amènent le taux réel de pension du privé plus près de 75 % que de 50 %.

Question : Mais l’Etat ne pourra bientôt plus payer les retraites des fonctionnaires !

Réponse : Faut-il demander pardon de survivre après avoir consacré sa vie au service des autres ? Le budget de l’Etat, c’est comme un budget familial : on ne peut dépenser son argent à des dépenses inutiles ou injustifiées et se plaindre ensuite de ne pas pouvoir boucler le mois. Savez vous que la retraite d’un fonctionnaire de catégorie C qui a travaillé 40 ans est inférieure d’un tiers à celle d’un député pour un seul mandat de 5 ans ? Et ce régime très spécial, personne ne parle de le remettre en cause !

Question : Vous ne craignez donc pas la faillite du pays ?

Réponse : La plus à craindre, c’est la faillite intellectuelle qui porte chacun à croire que tout ce qui ne va pas est la faute de l’autre !

 

Jacques Crétel

SNETAA de Lille

 

« Il est plus difficile de détruire un préjugé qu’un atome. »

Albert Einstein


Publié dans Syndicalisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE<br /> 5 commentaires<br /> MOT D’ORDRE DE GREVE GENERALE POUR LE 10 NOVEMBRE 2008<br /> RELAYEZ L’INFORMATION. REJOIGNEZ LE CNR. MOBILISONS-NOUS.<br /> http://www.conseilnationaldelaresistance.fr<br /> Une grève dont tout le monde s’apercevra !<br /> En réponse à Kessler qui veut liquider le modèle social du Conseil National de la Résistance.<br /> En réponse à Sarkozy qui prétend que plus personne ne s’aperçoit qu’il y a des grèves.<br /> En réponse aux états-majors syndicaux divisés, dont certains seraient prêts à négocier le poids des chaînes si l’esclavage était rétabli.<br /> En réponse à ceux qui pensent que le ressort du mouvement social est définitivement cassé et que les travailleurs sont soumis, dans ce pays.<br /> En réponse à ceux qui réclament, sans succès, des consignes d’en haut, alors que c’est de la base que tout peut démarrer.<br /> En réponse à ceux qui ont besoin de la perspective d’une manifestation concrète de la colère populaire... et d’une victoire sur le terrain social, ou du moins de la preuve d’une large mobilisation possible.<br /> En réponse à ceux qui se satisfont des oppositions que le gouvernement fait naître entre les citoyens (diviser pour mieux régner).<br /> Résistons ! Créons la mobilisation dont nous avons besoin...<br /> Obligeons nos états-majors syndicaux à nous suivre dans l’organisation d’une grande grève générale interprofessionnelle, éventuellement reconductible, et d’une manifestation populaire, le 10 novembre 2008, à Paris, contre la destruction de notre république sociale par Sarkozy et le gouvernement du MEDEF.<br /> Mobilisons chacun de nos délégués syndicaux. Faisons faire des mots d’ordre de grève dans tous les départements et toutes les branches locales, pour que les centrales nationales suivent la voie que nous montrons.<br /> Notre République est une République sociale, comme le dit la Constitution.<br /> Cela veut dire que le fait de vivre ensemble nous protège les uns les autres.<br /> Non à la destruction de ce modèle de société que nous avons hérité de la Résistance !<br /> De puissantes sections syndicales ont déjà signé la lettre de masse aux états-majors syndicaux et envoyé des motions vers leurs fédérations nationales pour réclamer une action tous et en même temps ... Les signataires de cette lettre pourraient se retrouver dès la rentrée sociale dans les bourses du travail de tout le pays pour discuter des suites à donner à cette proposition d’action le 10 novembre 2008.<br /> Il ne s’agit surtout pas, ici, de briser la direction des syndicats, entendons-nous bien, mais de se réapproprier l’outil.<br /> http://www.conseilnationaldelaresistance.fr
Répondre
F
Comme tu as raison EM la pensée unique très néolibérale fait des ravages même ceux qui n'en peuvent plus se résignent un comble ! Alain
Répondre
E
E.M.<br /> @ JP<br /> "j'ai lu les études et documents de tous bords"<br /> Je ne le pense pas. En tout cas, pas bien alors !<br /> <br /> "Pour les fonctionnaires, c'est vrai qu'ils n'ont pas de caisse de retraite puisque les pensions sont prises sur le budget de l'Etat dont le déficit est trop important et la dette abyssale!"<br /> Là aussi, tu ferais bien de lire des documents plus "neutres" ! ;-)<br /> Oui, il y a des solutions assez simples pour faire disparaître cette dette, mais cela "coûterait" au capital...
Répondre
J
"Question : En 2003, on a affirmé que les Caisses de retraite des fonctionnaires d’Etat allaient être en faillite si on ne prolongeait pas la durée de cotisation. Est-ce exact ?<br /> Réponse : MENSONGE ! D’abord, il n’y a jamais eu de caisse de retraite des fonctionnaires d’Etat ; elle ne risquait donc pas d’être un jour en faillite"<br /> (…)<br /> "Avec EIL et le Snetaa, exigez :<br /> - Le retour à une pension de 75 % pour 37,5 années de cotisation (et dans un<br /> premier temps, refusez catégoriquement le passage à 41 ans).<br /> - Le retour à l’indexation des pensions sur les salaires des actifs.<br /> - La suppression de la rétroactivité des effets des réformes.<br /> - La suppression de la décote.<br /> - Aucune pension inférieure au Smic."<br /> <br /> "Aller à l'idéal"<br /> Egoïstement cette solution me conviendrait parfaitement, car je pense que mes dernières années d'enseignant seront difficiles! (Et être en retraite à 50 ans ou 55 ans comme d'autres, serait l'idéal) Mais….<br /> <br /> "Comprendre le réel"<br /> Je ne vais pas refaire l'état de lieux, cependant l'avenir du système de retraite par répartition est menacé! (C'est ma conviction et j'ai lu les études et documents de tous bords). <br /> Nous serions arrivés dans le privé à 1,4 actifs pour 1 retraité, situation impossible à gérer. <br /> La solution qui consiste à prendre aux riches ce qu'ils ne souhaitent pas donner (article "Les chiens" du 25/5) n'est pas applicable dans l'Europe d'aujourd'hui, et de plus cela ne serait absolument pas suffisant!<br /> <br /> Pour les fonctionnaires, c'est vrai qu'ils n'ont pas de caisse de retraite puisque les pensions sont prises sur le budget de l'Etat dont le déficit est trop important et la dette abyssale!<br /> Sur notre paye nous cotisons seulement 7,85% pour la retraite, mais l'Etat verse lui énormément plus: <br /> C'était 35,14% en 2005; 49,9% en 2006; 50,74% en 2007; et 55,71% en 2008!<br /> Peut-on poursuivre ainsi indéfiniment?<br /> Je ne le pense pas! <br /> Mais toute solution réelle sera la bienvenue!
Répondre
F
Exellent pour sortir de l'intoxication médiatique. Alain
Répondre