Provocation ou triste réalité ?

Publié le par E.M.

 

Lors du Conseil National de l’UMP samedi dernier, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois fait ce qu’il devait faire pour que nous parlions de lui. Oui, lorsqu’il a affirmé que "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", le citoyen qui a conscience qu’il est important qu’un rapport de force existe entre salariés et employeurs, qu’il soit syndiqué ou non, ne pouvait s’empêcher de réagir à ce que nous pouvons prendre, au premier abord, pour de la provocation. Notre chanoine ayant rajouté que notre pays était “en train de changer”, il est évident qu’il était impossible pour n’importe quel responsable politique de l’opposition ou responsable syndical de ne pas considérer cela comme une attaque grave contre le monde salarié. D’ailleurs, les réactions n’ont pas manqué, la CGT, la CFTC et le PS semblent avoir été les premiers à réagir...

Pourtant, une fois n’est pas coutume, je me demande si ce coup-là, Sarkozy n’a pas tout simplement fait une excellente analyse de la situation ! Oui, je pense que nous vivons une période très “délicate” sur le plan social, car cette année nous avons montré aux différents pouvoirs que nous, les salariés, nous étions incapables de nous organiser pour exercer les rapports de force nécessaires depuis toujours, pour tenter de garder certains acquis sociaux (Retraite, 35h, etc.) ou mieux, pour obtenir des avancées sociales. Certes, la pagaille de la fin d’année 2007 dans les lycées a permis, grâce aux élèves, d’établir ce rapport de force qui nous a autorisés à rentrer dans des négociations pour la rénovation de la voie professionnelle, mais à part cela, toutes les autres manifestations ou grèves n’ont servi à rien ! Pire, en fin d’année, certains syndicats ont continué à appeler à la grève et/ou à la manifestation alors qu’il était sûr que très peu de salariés étaient prêts à perdre encore une journée de salaire. Evidemment, les différents ministres “concernés” n’ont pas hésité à tirer les conclusions qui s’imposaient : les réformes engagées sont bonnes puisque le nombre de grévistes est très faible !

Les dirigeants syndicaux qui parlent actuellement de provocation de la part du chef de l’Etat, ne me semblent pas très “honnêtes” dans cette histoire. N’avaient-ils pas conscience qu’à force d’appeler les salariés à une journée de grève par-ci, par-là, ils allaient forcément les décourager ? Ne savaient-ils pas que le danger de vouloir protester sans déranger la population était que le “rapport de force” disparaisse ? Bien sûr que si ! Alors, pourquoi ont-ils eu aussi peu le sens des responsabilités depuis quelques années ? Sont-ils “tenus” par le pouvoir ? Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre... Bien sûr, ce n’est pas non plus le salarié de base qui aura “boosté” les organisations syndicales. Je l’ai déjà écrit ici et ailleurs, le manque croissant de conscience politique et/ou syndicale du peuple ne motive pas à construire une résistance organisée et efficace. Certains se sont même pris pour des capitalistes pouvant jouer facilement et sans danger avec l’argent... qu’ils n’ont pas ! Oui, nous avons appris il y a quelques semaines que nombreux sont les Français qui ont investi dans le locatif. Ils ont essayé de résoudre leurs problèmes de retraite et de pouvoir d’achat tout seuls dans leur coin et la crise de l’immobilier montante est en train de les mettre sur le carreau pour longtemps... Bien sûr je suis sensible à leur détresse car ce ne sont que de pauvres gens comme moi, mais vous savez bien qu’il est quand même agréable de constater que les évènements vous donnent raison. Et là, je dois vous avouer que je saurais à l’avenir utiliser cette “défaite” de la solution individualiste pour essayer d’avantager celle de la solidarité.

Comme le dit et l’écrit très souvent Christian Sauce, un “cadre” du SNETAA, il est urgent que nous réfléchissions à de nouvelles formes de contestations si nous ne voulons pas mourir ! En attendant, Sarkozy a raison, il n’a plus besoin de faire de la provocation, il peut être content de lui, il a réussi une partie de sa mission, "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", ou presque ! C’est quoi la prochaine étape, Monsieur le Président ?

Publié dans Politique

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B
occuper la scène et &viter aux journalistes qui ne demandaient que ça de s'intéresser à ce qui se passait à l'assemblée
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F
Malheureusement si Sarkozy à raison c'est que politiquement nous le laissons agir. L'indigence des dirigeants politique et de tous fait que sa politique est bonne très bonne pour c'est amis les nantis. Les salariés n'ont encore pas compris que plus elle est bonne pour ces derniers plus elle est désastreuse pour eux. La situation perdurera tant que les salariés croiront que l'opposition en faisant la même politique néolibérale pourront améliorer leur situation douces illusions réforme dans le régime actuel rime avec régression. Cette lâcheté politique nous fait vivre une période très malsaine. Alain
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